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Twiggy et Ludovic

March 7, 2016

 

Ludovic venait de fêter son trente-septième anniversaire, il n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler un célibataire endurci.

Pourtant, pas l’ombre d’une romance. 

Ce n’était pas faute de faire des rencontres cependant, il mettait toute chance d’exploration sentimentale en échec. 

Il ne l’avouait pas mais, toujours circonstance pour ne pas s’engager il trouvait, il en avait toujours été ainsi. 

Ludovic était un idéaliste, Ludovic était un rêveur. 

Quelque chose s’était arrêté dans son développement. 

Toujours un peu gamin, il passait la plupart de son temps, ses écouteurs sur les oreilles, à refaire des clips imaginaires sur ses musiques favorites en vagabondant dans les rues. 

La musique avait d’ailleurs une place importante dans sa vie sans pour autant en être acteur. 

Il aurait pu prendre des cours pour apprendre un instrument ou que sais-je, mais rien… 

Il avait pris l’habitude de laisser couler la vie. 

 

Ludovic était beau, en tous cas, c’est ce qu’on disait de lui. 

Ludovic, lui, n’avait pas l’air d’en être vraiment conscient. 

Un jour il se trouvait gros et l’autre, il surveillait la ride qui traçait sa route sous son oeil. 

Les cheveux couleur corbeau, les yeux verts, une barbe de quelques jours et le regard triste. 

Ludovic n’y pouvait rien, on se demandait toujours s’il allait se mettre à pleurer ou cogner le premier individu qui passait par là. 

Même quand il avait passé une très bonne journée, il avait toujours ce regard tombeur et déprimant. 

Le problème est que cela passait souvent pour de l’antipathie ou encore, du mépris. 

Sa timidité n’arrangeant rien à cela finissait par l’handicaper. 

Il n’y avait que derrière l’objectif que Ludovic se sentait bien, il était photographe. 

C’était un métier qui devait plutôt l’aider à faire des connaissances mais non, rien n’y faisait. 

Tout au plus, des aventures d’une nuit et encore, pas de son fait. On peut dire qu’il avait du succès Ludovic mais lui, il ne voyait rien. 

Même pas elle qui n’avait de cesse de le relancer par ses regards aguicheurs. 

 

Elle, c’est Twiggy. 

Ce n’est pas son vrai prénom, elle l’avait emprunté à un ancien mannequin qui avait marqué les années soixante-dix. 

Ludovic et Twiggy avaient travaillé déjà plusieurs fois ensemble, malgré les sous-entendus de Twiggy, Ludovic n’avait jamais daigné ne fusse que lui décrocher un sourire. 

Pourtant elle était douce et belle la Twiggy. 

C’était assez comique de les voir ensembles car ils se ressemblaient tellement que l’on pouvait croire qu’ils étaient frère et soeur. Effectivement, ils avaient la même couleur de cheveux et d’yeux. 

Bon, pas le même regard, Twiggy était ce que l’on pouvait qualifier de bonne vivante. 

Elle passait un master de science de l’éducation et travaillait comme mannequin pour vivre et payer ses études. 

Ce qu’elle ne savait pas, la Twiggy, c’est que Ludovic était tombé fou amoureux d’elle au premier regard mais il était tellement couillon qu’il n’avait jamais rien laissé transparaitre. 

 

Un jour, alors qu’ils avaient rendez-vous pour une séance photographique, Ludovic avait prévu de lui parler, il n’en avait pas dormi de la nuit mais, il fallait absolument qu’il lui dise combien elle le hantait. 

La séance venue, rien ne sortit de sa bouche ni de son regard d’ailleurs. 

Twiggy pourtant sentit qu’il n’était pas comme d’habitude, il était un peu gauche et ça ne lui ressemblait pas. 

Dans son boulot, c’était un tueur, il était toujours au fait de la meilleure prise, de la plus belle pose et là, tout allait de travers. Heureusement, Twiggy oublia d’être idiote et compris vite la situation. 

Elle s’approcha de lui et lui caressa le visage, elle senti que Ludovic tremblait de tout son corps et elle se mit à pleurer. 

Elle sentit directement la fragilité de Ludovic et ça l’a toucha. 

Lui n’osa même pas la regarder alors, elle prit son visage et porta ses lèvres jusqu’aux siennes. 

Ludovic tremblait toujours, il s’abandonna pourtant à se baiser et l’étreinte était de plus en plus forte, de plus en plus fougueuse. 

 

Cela fait maintenant trois ans que ce baiser fougueux désarçonna nos deux tourtereaux. 

Ludovic a toujours gardé son regard de chien battu mais ça n’empêchait pas Twiggy de voir au travers, tout l’amour qu’il lui porte. 

Ludovic continue de se faire ses clips musicaux dans sa tête.

Il a enfin fini de se torturer l’esprit et de chercher des défauts là où il n’y en a pas.

 

Twiggy est morte il y a un an d’un cancer fulgurant. 

Pourtant, Ludovic est heureux.

Elle lui apprit le bonheur.

Il lui donna une fin plus douce.

 

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